mardi 14 mai 2013

Musé d'art moderne de Paris

Nous avons passé l'après-midi au Musée d'art moderne de Paris. On avait envie de sortir de notre zone de confort en matière d'art, et de voir autre chose.

On y présente en exposition temporaire l'artiste Keith Haring, 1958-1990. Peintre engagé, il fut l'un des artistes les plus célébrés de son époque. On voit ses œuvres sur des badges, des t-shirts.

Ses œuvres sont souvent très grandes. Il dessinait de manière spontanée sans travail préparatoire.

Le personnage à ventre ouvert à travers lequel sautent des chiens, c'est l'image d'un rêve qu'il a fait après l'assassinat de John Lennon en 1980.

Ses œuvres n'ont pas de titres pour la plupart. "Je peins des tableaux qui découlent de mes propres recherches je laisse à d'autres le soin de les déchiffrer, je ne suis qu'un intermédiaire."

Il dessinait dans le métro, sur des murs, il était lié avec des graffeurs, des rappeurs, des noirs, délivrant des messages de justice sociale et de changement.

Il a peint ce tableau lorsqu'un de ses amis, Michael Stewart artiste graffitiste, meurt roué de coups par la police.

 

Il s'agit ici d'une truie monstrueuse qui vomit des biens de consommation. Une sorte de rivière de dollars (de près ce sont des ordinateurs, des télévisions, des voitures) dans laquelle se noient les hommes! Mais certains arrivent à survivre en se nourrissant aux mamelles de cette consommation elle-même.

Il dénonce le pouvoir de l'état, le capitalisme, l'Église et ses dogmes mais pas les croyances individuelles.

Il évoque la menace de la substitution de notre réalité par les nouvelles technologies.

Il assume son homosexualité et dans les années 80, la lutte contre le sida deviendra sa bataille la plus personnelle. Il fera des affiches en faveur de rapports sexuels protėgés.

Dans cet autoportrait aux pois rouges, il représente le sida dont il est atteint et dont il mourra en 1990.

Je ne crois pas que ce petit résumé rende justice à cet artiste qui en 32 ans de vie s'est engagé dans tellement de domaines et a tellement produit. On a vu un film très captivant sur lui. Il peignait sur des vases, des wagons de métro, des panneaux publicitaires. Il a produit des œuvres en trois dimensions qui ressemblent à des masques... Un jour, il a peint un immense tableau sur un panneau près d'un parc. Il a été arrêté et a fait de la prison pour ça. Mais personne n'a osé détruire l'œuvre et maintenant c'est la ville qui l'entretient et la protège, et le parc porte le nom de Keith Haring.

Bien que déstabilisés au dėbut, nous avons été fortement intéressés par cette importante exposition. Je suis persuadée que Marie-Andrée et Céline Dumas connaissent cet artiste.

Pour terminer, voici quelque chose de complètement différent que nous avons vu dans une autre salle. Il s'agit d'une immense œuvre de Raoul Dufy, qui couvre 10 x 60 mètres. Cette œuvre a été commandée pour l'exposition universelle de 1937 à Paris. Elle raconte l'histoire de l'électricité depuis Archimède jusqu'à Marie Curie. Tous les personnages ont été dessinés nus pour ensuite être habillés selon l'époque et l'individu qu'ils représentent. Tous leurs noms sont ėcrits. Au milieu de la fresque on voit intervenir les dieux de l'Olympe. Cette oeuvre s'appelle La Fée Électricité.

J'espère que tout ça vous a plu. À demain.

Pour terminer je signale que l'on rencontre des classes de lycéens avec leurs guide et professeur, aux expositions que l'on visite. On envie ces jeunes!

 

2 commentaires:

  1. Peindre de manière spontanée, presque sans travail préparatoire. Ça me laisse rêveuse, moi que le processus d'élaboration d'une œuvre fascine. La fresque de la Fée Électricité est époustouflante. Mourir du sida à trente-deux ans, comme c'est injuste.

    Au cours de notre voyage de mai, nous avions nous aussi rencontré des groupes en visite ou en excursion. J'ai le souvenir d'une petite fille de huit ou neuf ans, tournant délibérément le dos à l'œuvre commentée par la maîtresse, avec l'air le plus ennuyé du monde. L'intersection du moment exceptionnel pour nous et du moment quotidien pour la personne d'à côté.

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    1. Oui, bien sûr. On ne réalise pas toujours la chance qu'on a!

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